|
 |
|
| |
Le chiffre de 200 000 est souvent cité comme une estimation de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. En 1999, l'UNICEF a identifié approximativement douze routes sur lesquelles les enfants sont victimes de la traite, dans la région et a désigné treize pays de la région comme pays « de destination », « d'origine » - le Togo, le Bénin, le Mali, le Nigeria et le Burkina Faso - , « de destination et d'origine » et/ou « pays de transit/d'étape ».
|
 |
|
| |
En 2001, le programme du Bureau International du Travail pour l'élimination du travail des enfants (BIT-IPEC) a publié une synthèse de neuf études par pays sur la traite des enfants en Afrique de l'Ouest, concluant que les routes de la traite allaient de pays et régions où la pauvreté était généralisée, les niveaux d'éducation bas et les taux de natalité élevés vers des zones moins peuplées et plus développées.
Le Togo entre dans la catégorie selon le BIT des pays d'origine et a été désigné principalement comme tel. Il a également été identifié par le rapport BIT-IPEC comme un point « de destination » et de « transit » ainsi que comme un pays abritant un commerce interne substantiel (à savoir à l'intérieur de ses propres frontières).
Les estimations officielles du nombre d'enfants togolais directement affectés par la traite se fondent sur le nombre d'enfants interceptés aux frontières du Togo et le nombre d'enfants « récupérés » et rapatriés de l'étranger. Lors d'une réunion régionale sur la traite des enfants en janvier 2002, la représentante du gouvernement togolais, a rapporté que 297 enfants avaient été victimes de la traite au départ du Togo en 2001 contre 337 en 1999. |
| |
|
| |
Selon le directeur de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, la pauvreté est une cause « majeure et omniprésente » de la traite des enfants. Dans ces pays d'Afrique de l'Ouest classés comme pays « d'origine », entre 33 et 73 pour cent de la population totale vit avec moins d'un dollar américain par jour. L'étude BIT-IPEC de 2001 sur quatre-vingt-seize enfants victimes de la traite a également trouvé qu'une large majorité (87 pour cent) d'enfants victimes de la traite venait de familles pratiquant une agriculture de subsistance. Sur les quarante-cinq parents interrogés, 70 pour cent des mères et 60 pour cent des pères n'avaient jamais fréquenté l'école. Environ 74 pour cent des foyers étudiés étaient polygames. De plus, 82 pour cent des foyers examinés avaient plus de cinq enfants.
Concernant les filles, selon certains experts, la traite proviendrait d'une longue tradition voulant que les parents utilisent leurs filles comme domestiques plutôt que de les envoyer à l'école. En 2002, au Togo, on estimait que les filles avaient 20 pour cent moins de chance que les garçons d'être inscrites à l'école primaire, 25 pour cent moins de chance d'atteindre le lycée et au moins 50 pour cent moins de chance d'entrer à l'université.
Si les rapports de l'UNICEF et du BIT-IPEC ne remontent pas aux origines de la traite des enfants, l'étude sur le Togo a conclu que la pratique, telle qu'elle est actuellement définie, existait « depuis au moins dix ans » et se perçoit comme un prolongement de pratiques anciennes telles que la migration pour le travail et le travail des enfants. |
| |
|
| |
 |
Données qualitatives |
|
| |
Deux aspects majeurs de la traite au Togo :
La traite interne, principalement des villages pauvres vers les centres urbains ou les zones agricoles fertiles, en particulier vers la capitale Lomé.
La traite transfrontalière, en particulier vers le Nigeria, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin ou le Ghana. |
| |
|
| |
Caractéristiques de la traite :
La traite concerne principalement les filles, essentiellement pour des travaux domestiques, de vente sur les marchés (on parle des « portefaix ») ou de garde d’enfants.
Les garçons sont le plus souvent recrutés pour des travaux champêtres, de chargement de camions ou comme assistants d’artisans. |
| |
|
| |
 |
Données quantitatives |
|
| |
Il est difficile d’avoir une estimation correcte du nombre d’enfants victimes de la traite au Togo, notamment en raison du caractère clandestin du phénomène mais également parce qu’il n’existe aucun mécanisme commun de collecte des données.
Chacun des acteurs de terrain s’efforce donc de faire des estimations, pour mieux cerner le phénomène.
Selon une étude de la CNARSEVT en 2004 (Rapport de mission à l’intérieur du pays, du 6 au 10 décembre 2004, CNARSEVT, Lomé), 2458 enfants ont été interceptés ou rapatriés entre 2002 et 2004.
L’ONG Wao Afrique a estimé à 313 000 le nombre d’enfants togolais âgés de 5 à 15 ans travaillant dans les centres urbains au Togo ou à l’étranger en 2005 (Pour le prix d’un vélo. La traite des enfants au Togo, Plan Togo, Lomé). |
| |
|
| |
En 2005, selon les estimations cumulées de plusieurs acteurs (ONG locales réparties dans différentes régions administratives, Service des Affaires Sociales, DGPE, BICE, Terre des Hommes, Wao Afrique), 2 695 enfants victimes de la traite ont été identifiés. Sur ce total, seuls 486 ont bénéficié de mesures d’accompagnement en vue de leur réinsertion, toujours selon les estimations de ces mêmes acteurs.
Cela dénote un besoin dans le domaine de la réinsertion/réhabilitation des enfants victimes de traite. Cela est dû au manque de moyens pour la mise en place des mesures d’accompagnement et au manque de critères communs, de procédures communes. Les procédures mises en place, par le BIT par exemple en 2004, ou par l’UNICEF, ne sont que partiellement mis en place.
Les organisations issues de la société civile, les organisations internationales, ainsi que les acteurs étatiques s’interrogent souvent sur la pertinence et l’efficacité de tels programmes, souvent coûteux et qui, établis sur de courtes périodes, ne permettent pas d’évaluer l’impact réel sur les enfants. |
| |
|
| |
|
|
| |
|
|